Coworking & Tiers-lieux

Workation : faire rimer travail avec hédonisme

Workation : faire rimer travail avec hédonisme

Qui n’a jamais fantasmé de tout plaquer pour parcourir le monde ? Et pourtant, nous sommes encore beaucoup à freiner nos élans de liberté et à vraiment oser nous lancer. Il y a trop d’enjeux, trop de freins : le travail, la famille, les amis, l’argent… En somme, un sentiment de sécurité. Nos sociétés occidentales nous donnent, dans la plupart du temps, tout ce dont nous avons besoin. Un confort qu’il est souvent bien difficile d’abandonner. Pourtant, toujours plus d’individus franchissent le pas et quittent tout pour découvrir de nouveaux horizons. Tout cela en travaillant, par exemple en free-lance, et notamment dans des espaces de coworking. On appelle cette tendance le workation : contraction de l’anglais « work » et « vacation ».

Un jour à Berlin, l’autre à Paris

Le concept workation est né il y a environ dix ans en Californie et est une tendance qui séduit de plus en plus de jeunes travailleurs partout dans le monde. Nos vies, souvent rythmées par le stress, peuvent parfois devenir étouffantes. Certains n’y trouvent plus leur compte. C’est pourquoi ils prennent le parti de tout abandonner. Pouvoir profiter de jolies plages de sables fins aux Seychelles, d’une vie nocturne électrique à Berlin ou encore de visiter de beaux parcs nationaux en Slovénie sans prendre un seul jour de congé, c’est la promesse du workation.

Workation : faire rimer travail avec hédonisme

A la recherche du sens perdu

Le but ? Partir en quête de sens et s’amuser. Les nouvelles générations n’aspirent plus au quotidien métro-boulot-dodo, vide de sens et ennuyeux. Ce qu’ils veulent par dessus tout, c’est que le travail ne soit plus synonyme de contrainte. Pour cela, ils ont besoin de rompre le schéma du travail en entreprise classique.

Et ça, ils peuvent le réaliser grâce à la révolution technologique ! On voit désormais de plus en plus de gens partir faire le tour de monde, ordinateur sous le bras. Des free-lances, oui, mais pas que. De manière surprenante, ce mode de vie ne s’adresse pas uniquement à des travailleurs détachés. Cela touche aussi les entrepreneurs tout comme les employés en entreprises. Une étude parle d’ailleurs d’environ 1 milliard de travailleurs nomades d’ici 2035. C’est énorme ! D’après les prévisions donc, c’est une tendance qui est bien partie pour durer…

Exaltant… mais fatiguant !

Avec le mode de vie workation, fini le quotidien tristounet qui nous mine le moral. On va chercher d’autres aventures, on s’ouvre sur le monde et on s’inspire de nouvelles rencontres et de nouvelles cultures. Là, vous vous dîtes sûrement : « Chéri(e), charge la 4L, on va voir du pays ! ». Mais il est important de préciser que le workation ce n’est pas non plus de tout repos.

Workation : faire rimer travail avec hédonisme

C’est un mode de vie qui comporte des avantages ainsi que des inconvénients. Ce sont certes de nouvelles possibilités, plus de flexibilité et de personnalisation. Mais, attention, ça ne correspond pas à tout le monde : c’est un rythme de vie qui peut s’avérer fatiguant. Le manque de cadre peut déconcerter, engendrer un stress ou même, chez certains, de la panique. Avec le workation, il faut se faire confiance et se détacher du besoin de sécurité. Pas facile, facile. Surtout quand ça va à l’encontre de ce qu’on nous a appris tout au long de notre vie…

Pour aider ceux qui se lancent dans l’aventure, les travailleurs nomades peuvent accéder à des communautés qui leur permettent d’échanger et de s’entraider. Pas négligeable quand on vient de se lancer ou quand on sait qu’on n’est pas capable de constamment travailler seul(e). Cette communauté se développe notamment au sein de tiers lieux comme des espaces de coworking. C’est le cas de Vertigo à Marseille. Un espace qui permet aux travailleurs nomades de pouvoir travailler partout. On a rencontré le fondateur Oren Soussan qui nous a parlé de son concept.

Une rencontre entre le lieu de vie et le lieu de travail

On vous avait déjà raconté l’histoire de la Mutinerie et de son concept étonnant : le coliving, un espace entre coworking et colocation. Aujourd’hui, on vous présente Vertigo. Vertigo, ce sont deux espaces de coworking à Marseille : l’un niché près du vieux port, l’autre dans le quartier Saint-Charles.

Oren Soussan, travaillant auparavant dans le domaine de l’informatique, a l’idée de fonder Vertigo suite à un voyage en Espagne durant lequel il découvre les hostels. En s’inspirant de la chaîne américaine Selina, il ouvre alors son premier lieu en 2008. C’est le premier espace français combinant coworking et auberge de jeunesse . Le but : bosser, dormir, s’amuser.

Workation : faire rimer travail avec hédonisme
Espace de coworking Vertigo

Vertigo est un lieu cosmopolite, connecté, communautaire et au cœur de rencontres. Un espace atypique, ouvert 24/24 et 7j/7, dans lequel cohabitent à la fois clients de l’hostel et coworkers, du petit-déjeuner à l’apéro. L’approche est la suivante : proposer un lieu dans lequel il fait à la fois bon séjourner et travailler. Il n’y a plus de frontière entre travail, détente et rencontres : chacun gère son temps. Oren Soussan y croit et aimerait d’ailleurs, par la suite, étendre son concept aux villes de Nîmes et de Montpellier.

Il n’est pas le seul à faire ce pari puisque ce sont toujours plus d’espaces de coworking dédiés aux travailleurs nomades qui s’ouvrent partout dans le monde. Beaucoup considèrent le workation comme un modèle d’avenir mais ce mode de vie a encore ses preuves à faire puisqu’encore peu d’entreprises offrent cette opportunité à leurs employés.

Canelle Mengual

Chargée de communication

Cette grande curieuse vous partage ses dernières trouvailles sur le Future of Work. Ses sujets de prédilection : les tendances globales, sociales et écologiques.

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