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A la rencontre d’une entreprise ultra flexible : Buffer

A la rencontre de Buffer ou l'ultra flexibilité

Travailler où vous voulez et quand vous voulez … vous en rêvez ?! Certaines entreprises l’ont fait : elles ont fermé leurs bureaux pour mettre tous leurs salariés en remote (ou télétravail permanent). C’est le cas notamment de Buffer.

Buffer c’est une application qui permet de gérer ses différents comptes sur les réseaux sociaux à partir d’une seule plateforme. Créée en 2010 par Joel Gascoigne (CEO) et Leo Widrich (COO) au Royaume-Uni, la startup installe ses bureaux dans la Silicon Valley à San Francisco avant de les fermer quelques mois plus tard. Aujourd’hui, Buffer compte 71 collaborateurs répartis dans 16 pays, 40 villes et… aucun bureau fixe.

L’entreprise a choisi de faire de cet éclatement une force ! Les employés sont très libres, hyper-productifs et couvrent tous les fuseaux horaires, ce qui leur permet de garantir une réponse à 80% des emails de leurs utilisateurs en moins d’une heure. Pour mieux comprendre comment une telle organisation peut fonctionner au quotidien, nous avons rencontré Maxime Berthelot, Product Manager chez Buffer.

Rencontre avec Maxime Berthelot, Product Manager chez Buffer

Pourquoi Buffer a décidé de fermer ses bureaux ?

Au début, il y avait un bureau à San Francisco mais les rares salariés de la ville ne s’y rendaient pas. L’entreprise a donc décidé de fermer ses bureaux pour mieux répondre aux attentes des salariés et réduire ses coûts fixes.

Qui sont les employés Buffer ?

Il y a deux types de profils : les salariés sédentaires et les digital nomads. Parmi les sédentaires, une vingtaine de personnes résident à New-York et Londres, les autres sont disséminés aux quatre coins du globe. Une bonne moitié des salariés sont des digital nomades. Certains ont une adresse fixe et reviennent chez eux une partie de l’année alors que d’autres n’ont même pas de domicile fixe. Cette situation concerne environ 15 personnes, soit près d’un quart des salariés !

1/4 des salariés Buffer n’ont pas d’adresse

Concrètement comment ça marche ?

On utilise beaucoup d’outils digitaux pour communiquer tous les jours efficacement (Slack, skype, mail, …). Chez nous, l’écrit est primordial. Dans une organisation aussi éclatée, c’est indispensable pour que chacun sache où les autres en sont sur leurs projets. On a aussi une réunion une fois par mois en conf call avec toute l’équipe (75 personnes). Pour que ça marche il y a quelques règles à suivre. Par exemple, tout le monde doit éteindre son micro quand il ne parle pas ! Et une fois par an, l’entreprise organise un « retreat » quelque part dans le monde. Il s’agit d’une semaine où toute l’équipe se retrouve pour travailler ensemble. Nous sommes allés à Hawai, en Islande, à New York, en Afrique du Sud. Evidemment, tous les frais sont pris en charge par la boîte.

Pour les espaces de travail, on privilégie les cafés coworking ou les espaces de coworking. Buffer alloue un budget mensuel à chaque employé pour travailler en coworking et éviter l’isolement. Lorsque plusieurs salariés se retrouvent sur une même zone, les espaces de coworking sont un bon moyen pour se retrouver et travailler ensemble.

L'équipe Buffer lors d'une retreat

Quels sont les avantages du remote ?

Pour l’entreprise, il y a d’abord le coût. Le fait de ne pas avoir de bureau fixe permet d’éviter de payer chaque mois un loyer. L’entreprise peut aussi adapter le salaire des employés à leur lieu de vie. Les entreprises installées à San Francisco doivent aligner les salaires sur le niveau de vie très élevé de la Silicon Valley…
Par ailleurs, le remote offre un accès à un vaste pool de recrutement mondial à moindres frais. Par exemple, un recruteur Montpelliérain ne trouvera pas forcément une compétence dans sa région, il aura tout intérêt à recruter un nomade pour renforcer ses équipes.
Pour les salariés, ce mode de fonctionnement assure une très grande liberté, une hiérarchie très horizontale et une grand autonomie dans les projets. Avec le décalage horaire et l’absence de locaux, impossible de contrôler le temps de travail, on s’organise avec des feuilles de route. Chacun a des objectifs et des missions à plus ou moins long terme.

Le lieu de travail idéal ? De la chaleur, une bonne connexion internet et un spot de surf : Hawai !

Les désavantages du remote ?

Les ultras-nomades doivent faire attention aux dommages d’une mobilité excessive. Un intervalle de temps minimum est nécessaire pour instaurer sa routine, travailler en changeant de pays tous les 10 jours n’est pas possible. Il faut pouvoir trouver son quartier, son café de prédilection, installer ses habitudes.

Est ce que ça été difficile de t’adapter à ce modèle ?

Pas vraiment car j’ai toujours cru à ce modèle. Avant d’arriver chez Buffer, j’avais ma propre entreprise et en temps que dirigeant j’incitais déjà mes employés à travailler en remote. Je suis convaincu que changer d’espace est une excellente source d’inspiration et la meilleure façon de rester en éveil.

Et toi, quel nomade es-tu ?

Je ne suis pas un nomade de l’extrême, j’ai toujours eu un pied à terre à Amsterdam mais je passais 50% de mon temps en voyage. En général je passais un mois à Amsterdam pour un mois de voyage. Depuis, ma situation personnelle a évolué et je passe un peu plus de temps à Amsterdam.

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Le télétravail ad vitam aeternam pourquoi pas, mais quelques jours par semaine ou même occasionnellement c’est déjà pas mal du tout ! Dites nous comment ça se passe dans votre entreprise en répondant à la grande enquête (2 min chrono c’est promis et les résultats à venir très bientôt)

François

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